La vidéo résume les mesures. Cet article est la fiche de référence datée de cette update : il contient les listes complètes, les tables de scores, la méthode et les limites.
Le 24-26 juin 2026, Google déploie une « spam update ». Sur le papier, un non-événement : les outils de suivi ne bronchent pas, notre indice de volatilité reste collé à sa base, et le top 50 français ne bouge pas d'une ligne. Une update fantôme, à classer et oublier.
Puis on regarde au bon endroit, et le non-événement change de visage. Le matin du 24 juin, la part du feed article français servie par la pipeline de pagination saute à 35 % : quatorze points de plus qu'avant l'update, avec un saut net le premier jour du rollout. Toutes les autres grandes pipelines reculent en même temps. Et pendant que les tuyaux changent, un tri s'opère en silence : chez les petits sites, un sur deux perd de la visibilité ; chez les géants, quasiment personne. Restait à savoir sur quel critère ce tri s'opérait. On a construit un score composite d'autorité et de qualité pour le mesurer, et le verdict est sans ambiguïté : calculé avant l'update, ce score prédit qui tombe.
Voici les mesures, dans l'ordre où elles comptent.
Google ne fait pas qu'une seule sorte de mise à jour, et les confondre mène à de mauvais diagnostics.
Une core update, comme celle de mai (déployée du 21 mai au 2 juin), est un recalcul de fond. De nombreux signaux sont re-pondérés en même temps, l'appréciation globale des sites et des contenus évolue, et l'index lui-même peut se réorganiser. Sa signature est bruyante : une volatilité large et visible, un rebattage qui touche toutes les strates du marché, des gagnants et des perdants partout, y compris chez les grandes marques.
Une spam update est d'un autre calibre : un filtre de qualité appliqué a priori. Google repasse le parc de sites au travers de ses classifieurs, et rétrograde ou retire ce qui se trouve sous le seuil. Sa signature est exactement ce qu'on mesure en juin : pas de pic de volatilité systémique, parce qu'un tri ciblé n'est pas un rebattage ; une casse concentrée sur les strates basses du marché ; des sorties sèches sans vague d'entrées symétrique ; et un gradient net selon les signaux de qualité mesurables. Pour le dire simplement : une core update rebat les cartes, une spam update trie le paquet.
Cette distinction n'est pas académique. Après une core update, la question utile est « comment Google apprécie-t-il désormais mon positionnement ». Après une spam update, elle devient « quels signaux de qualité me classent sous le seuil ». Ce ne sont pas les mêmes chantiers, et la suite de cet article montre pourquoi.
Quatre notions reviennent tout au long des mesures.
C'est le fait central de cette update, et aucun indicateur classique ne pouvait le voir.

| Pipeline | Part pré | Part post |
|---|---|---|
| Pagination | 21,2 % | 35,0 % |
| Éditorial (content) | 20,0 % | 17,5 % |
| Personnalisation (aura) | 11,4 % | 9,0 % |
| Créateurs | 9,0 % | 6,0 % |
| Moonstone | 6,7 % | 4,4 % |
La pagination gagne près de quatorze points, et toutes les autres pipelines majeures reculent. Sur la courbe quotidienne, ce n'est pas une pente douce : la pagination pesait environ 25 % du feed la veille du rollout, environ 36 % le 24 juin au matin, puis se stabilise sur un plateau entre 33 et 36 % début juillet.
Un déplacement de cette ampleur mérite trois vérifications avant d'y croire. D'abord, le volume total de captures est stable sur la période : il s'agit d'une redistribution entre canaux, pas d'un artefact de mesure. Ensuite, le mouvement est large : 576 sites voient leur pagination monter contre 229 qui la voient baisser, et les dix plus gros mouvements ne représentent que 38 % du total ; ce n'est pas l'effet d'une poignée d'éditeurs. Enfin, la nuance qui compte : la pagination montait déjà depuis début juin. L'update n'a pas créé cette transition, elle l'a brutalement accélérée, et seul le saut du 24 juin lui est strictement attribuable.
Autrement dit : l'update n'a pas décidé qui gagne, elle a décidé par où passe la visibilité. Un tiers du feed transite désormais par une pipeline dont presque personne ne parle. C'est exactement le genre de déplacement qu'une Search Console ne montre pas, et qui explique pourquoi deux sites au contenu comparable peuvent vivre la même update de façon opposée : tout dépend de leur exposition aux pipelines qui montent ou qui descendent.
Cette rampe préexistante mérite qu'on s'y arrête, parce qu'elle porte une leçon en soi. Entre la fin du rollout de la core update, le 2 juin, et le début de la spam update, le 24 juin, le marché était officiellement calme. Pendant cette accalmie, la part de la pagination a pourtant doublé : environ 12 % du feed début juin, environ 25 % le 23 juin, en montée continue et sans la moindre annonce. Le serving de Discover évolue en permanence ; les updates officielles sont des jalons datés et des accélérations, pas les seuls moments où les règles bougent.
Pour un éditeur, la conséquence est directe : un suivi limité aux fenêtres d'update rate une partie du film. La transition qui a redéfini le premier canal de distribution de Discover FR s'est jouée pour moitié en dehors de toute update annoncée.
Puisqu'un tiers du feed passe désormais par elle, il faut comprendre ce qu'est cette pipeline. La pagination est le canal de continuation. Quand un lecteur engagé fait défiler son feed en profondeur, Google prolonge le fil : il re-sert d'autres articles, souvent du même média et sur le même sujet, plus bas dans le flux. Sa physionomie est particulière : des positions mi-feed à profondes, une recirculation forte des mêmes contenus, et quasiment que des articles ; les plateformes vidéo et sociales en sont structurellement absentes.
Quels sites en profitent ? La réponse ne reflète pas la composition du marché. En classant les sites par taille et en comparant, pour chaque tranche, la part qu'elle occupe dans la pagination à celle qu'elle occupe dans le feed global, un biais net apparaît, dans les deux langues que nous mesurons.

Les marques établies sur-indexent : les plus gros sites voient 33 à 37 % de leur visibilité passer par la pagination, au-dessus de la moyenne du marché. À l'autre bout, la longue traîne est quasiment exclue : au-delà des 500 premiers sites français, ce taux s'effondre autour de 14 %. Les petits éditeurs apparaissent dans le flux principal, presque jamais dans la continuation de scroll. La nouveauté de juin est une démocratisation vers le régional à couverture dense : actu.fr, La Dépêche, Sud Ouest ou Le Dauphiné montent fort. Mais elle ne va pas plus loin : ni les nouveaux entrants, ni les coups de titre n'y accèdent.

La courbe de sur/sous-représentation selon le rang résume le phénomène : au-dessus de la parité jusqu'au top 100 à 500 selon le marché, effondrement ensuite. La pagination est un amplificateur d'autorité de catalogue.
Note: Cette explication est une hypothèse de notre part, sur la base de nos observations et non une communication officielle de Google.
Comment l'obtenir ? Pas en la ciblant directement : il n'existe pas de recette « pagination ». Elle se mérite en amont, en étant déjà bien servi dans le flux principal sur un sujet, puis en offrant ce que le canal récompense : de la profondeur sur une verticale et une continuité éditoriale, celle des feuilletons d'actualité, des narratifs suivis, de la couverture dense d'un territoire ou d'un thème. Et il faut la prendre pour ce qu'elle est : du volume sur une audience captive, pas de l'acquisition. Le bénéficiaire est le lecteur déjà engagé.
Il reste à tirer la conséquence mécanique de tout cela, et elle éclaire l'update entière. Si la pagination favorise structurellement les marques établies à catalogue profond, alors augmenter la part de la pagination revient, mécaniquement, à augmenter la part des marques établies. Nul besoin de pénaliser qui que ce soit : en faisant passer ce canal de 21 à 35 % du feed, Google a déplacé un tiers de la distribution vers un tuyau dont les petits acteurs et les acteurs de niche sont pratiquement absents. Le tri par la taille qu'on mesure dans la section suivante n'est pas seulement le fruit d'un filtre qui rétrograde les faibles ; il est en partie inscrit dans la plomberie elle-même. Et du point de vue de Google, le choix est rationnel : servir davantage de marques connues et engageantes, c'est monter la qualité perçue du feed sans prendre de risque. Une carte du Monde ou de Ouest-France produira rarement un scandale de recommandation ; une carte d'un site inconnu, peut-être. La pagination est le canal le plus sûr de Discover, et Google vient de lui confier un tiers du flux.
Pendant que les tuyaux changeaient, un tri s'opérait, avec une signature nette.

| Tranche (part du feed FR) | Gagnants | Perdants |
|---|---|---|
| Géants (≥ 0,2 %) | 9 % | 6 % |
| Grands (0,04-0,2 %) | 18 % | 15 % |
| Moyens (0,01-0,04 %) | 23 % | 34 % |
| Petits (0,002-0,01 %) | 21 % | 53 % |
Chez les géants, 6 % de perdants seulement : la grande majorité traverse l'update sans dommage. Chez les petits sites, 53 % de perdants, soit deux fois et demie plus de perdants que de gagnants. Et aucun secteur n'est visé en particulier : le sport recule, mais c'est la fin de plusieurs saisons ; les niches loisir trinquent, mais c'est un effet de taille. On trie des sites, pas des sujets. Google n'a pas fait tomber le marché : il a réajusté sa distribution en rétrogradant les sites que ses signaux qualité classent comme les plus faibles, typiquement des sites de niche, indépendants ou récents.
Voici les plus fortes progressions, parmi les sites représentant au moins 0,004 % du feed FR avant l'update, en part de voix (la part du feed, corrigée de l'évolution de la flotte de mesure) :
| Gagnant | Part de voix |
|---|---|
| selectra.info | +1 777 % |
| lequotidiendumedecin.fr | +594 % |
| laurentmariotte.com | +476 % |
| tourisme-haute-savoie.com | +459 % |
| photo.femmeactuelle.fr | +366 % |
| noovo.info | +362 % |
| meta-defense.fr | +351 % |
| chefclub.tv | +342 % |
| autonews.fr | +253 % |
| techno-science.net | +246 % |
| ukrinform.fr | +223 % |
| atlantico.fr | +220 % |
| le-bouillon-larochelle.fr | +191 % |
| leblogmoto.com | +187 % |
| rse-magazine.com | +167 % |
| francaisfacile.rfi.fr | +160 % |
| allodocteurs.fr | +148 % |
| showroomprive.com | +144 % |
Trois profils reviennent dans cette liste. La presse médicale et professionnelle d'abord (lequotidiendumedecin, allodocteurs), les médias de référence sur leur verticale ensuite (meta-defense, ukrinform, techno-science), les spécialistes experts identifiables enfin (laurentmariotte en cuisine, autonews et leblogmoto en automobile et moto). Le tri récompense l'expertise reconnaissable, pas le volume de publication. On y remarque aussi des niches verticales dépourvues de signaux d'autorité classiques, comme le-bouillon-larochelle ou rse-magazine : on y reviendra, car elles sont précisément l'angle mort de notre score.
En face, les plus fortes chutes du même scope :
| Perdant | Part de voix |
|---|---|
| pillz.fr | -100 % |
| solutions.lesechos.fr | -100 % |
| my-jugaad.eu | -100 % |
| basta.media | -100 % |
| mostacos.fr | -100 % |
| cafelaffitte.fr | -100 % |
| terredevins.com | -100 % |
| lepelerin.com | -100 % |
| routard.com | -99 % |
| todaycycling.com | -98 % |
| colsbleus.defense.gouv.fr | -98 % |
| psg.fr | -98 % |
| tennisactu.net | -98 % |
| cnrs.fr | -98 % |
| en-attendant-nadeau.fr | -98 % |
| airzen.fr | -97 % |
| franceroutes.fr | -97 % |
Les perdants sont plus variés que les gagnants : des niches loisir (routard, terredevins, todaycycling), des magazines de niche (lepelerin, pillz, mostacos), des sous-domaines annexes de grandes marques (solutions.lesechos) et quelques institutionnels (colsbleus, cnrs), alors que d'autres institutions gagnent au même moment. Le tri se fait au niveau du sous-domaine et de la profondeur éditoriale, pas de l'organisation. Une précaution de lecture s'impose : psg.fr et tennisactu.net chutent avec la fin de la saison sportive, et leur présence ici relève au moins en partie du calendrier, pas de l'update.
Sur quel critère ce tri s'opère-t-il, exactement ? Google évalue par autorité et par qualité, dit-on. Plutôt que de le supposer, on a voulu le mesurer. On a construit un score composite par site, sur 100, à partir de quatre axes : l'autorité (entité Knowledge Graph, présence sociale), l'audience (followers agrégés), l'ancienneté et la profondeur de la présence Discover, et la qualité réelle, mesurée par les Core Web Vitals de vrais utilisateurs via CrUX et par la densité publicitaire déclarée en ads.txt.
Le résultat est sans ambiguïté : le taux de perdants décroît régulièrement à mesure que le score monte, un gradient monotone d'un bout à l'autre de l'échelle.

| Bucket score | Gagnants | Stables | Perdants |
|---|---|---|---|
| 0-20 (faible) | 19 % | 26 % | 56 % |
| 20-40 | 22 % | 41 % | 37 % |
| 40-60 | 19 % | 41 % | 40 % |
| 60-80 | 20 % | 56 % | 24 % |
| 80-100 (haut) | 18 % | 71 % | 11 % |
Un site mal noté a cinq fois plus de risques d'être perdant qu'un site bien noté : 56 % de perdants dans le bucket bas, 11 % dans le bucket haut. Et le haut du panier est massivement stable (71 %), ce qui dit quelque chose d'important sur la nature de l'autorité : sa fonction première est assurantielle. Un score élevé n'accélère pas la visibilité, il l'immunise contre les updates. Le score prédit d'ailleurs aussi le rebond : parmi les sites qui avaient perdu lors de la core update de mai, les bien-notés ont récupéré deux fois plus souvent que les mal-notés (41 % contre 20 %).
Voici les quinze meilleurs scores composites du marché français (parmi les sites d'au moins 0,004 % du feed), et leur issue en juin :
| Site | Score /100 | Issue juin |
|---|---|---|
| motogp.com | 95 | stable |
| bbc.com | 94 | gagnant |
| lemonde.fr | 94 | stable |
| vaticannews.va | 92 | stable |
| franceinfo.fr | 91 | stable |
| footmercato.net | 91 | stable |
| bfmtv.com | 90 | stable |
| parismatch.com | 90 | stable |
| futura-sciences.com | 90 | stable |
| nationalgeographic.fr | 89 | stable |
| lequipe.fr | 89 | stable |
| elle.fr | 89 | stable |
| rts.ch | 89 | stable |
| allocine.fr | 89 | stable |
| euronews.com (fr) | 89 | stable |
Le bilan de ce top 15 tient en une ligne : quatorze stables, un gagnant, aucun perdant. C'est la définition opérationnelle d'une assurance.
Et les quinze scores les plus bas du même scope :
| Site | Score /100 | Issue juin |
|---|---|---|
| pillz.fr | 12 | perdant |
| forcesoperations.com | 12 | stable |
| air-cosmos.latribune.fr | 14 | stable |
| media.roole.fr | 14 | gagnant |
| bebesetmamans.20minutes.fr | 14 | perdant |
| keops-ingenierie.fr | 14 | stable |
| clemgarin.substack.com | 15 | perdant |
| colsbleus.defense.gouv.fr | 15 | perdant |
| lexpertvelo.com | 16 | perdant |
| citations.ouest-france.fr | 16 | stable |
| cafelaffitte.fr | 16 | perdant |
| studforlife.com | 16 | perdant |
| hebdo25.net | 17 | perdant |
| lagathois.fr | 17 | perdant |
| figurants.com | 17 | perdant |
On y compte dix perdants sur quinze, dont plusieurs réduits à zéro. Les exceptions sont aussi instructives que la règle : les survivants du bas de tableau sont souvent des sous-domaines adossés à une marque forte, comme air-cosmos.latribune ou citations.ouest-france, dont l'autorité du domaine parent n'est pas entièrement captée par le score, ou des niches expertes comme forcesoperations en défense, dont la profondeur thématique compense des signaux classiques faibles.

Les gagnants de l'update sont plus rapides que les perdants : un LCP réel de 1 660 millisecondes contre 1 970, soit 16 % de moins, et le CLS suit la même pente. Ils sont aussi moins chargés en publicité, avec 23 % de lignes ads.txt en moins. C'est un signal léger mais directionnellement net, et il confirme plutôt qu'il ne contredit la position officielle de Google sur les Core Web Vitals : un facteur parmi d'autres, pas le facteur dominant.
Deux réserves d'honnêteté s'imposent pour finir cette section. La première : le score sous-évalue les niches très spécialisées, celles où Google valorise une profondeur thématique qu'aucun signal d'autorité classique ne capte ; on l'a vu dans la liste des gagnants avec le-bouillon-larochelle ou rse-magazine, qui gagnent fortement avec des scores modestes. La seconde : rien de tout cela n'est une démonstration de causalité. C'est une corrélation, mesurée pour le moment sur une seule update.
Il existe un second mécanisme, plus brutal que la rétrogradation : le retrait pur et simple. Des sites présents avant l'update, absents après. On les a comptés, avec un contrôle sur une période calme d'avril pour établir le niveau de churn naturel :
| Cohorte (part du feed pré) | Sorties update | Contrôle avril |
|---|---|---|
| ≥ 0,001 % | 4,6 % | 1,2 % |
| ≥ 0,004 % | 0,7 % | 0,5 % |
| ≥ 0,01 % | 0,0 % | 0,2 % |
Dans la petite traîne, 4,6 % de sorties sèches contre 1,2 % en temps normal : trois à quatre fois le churn naturel. Au-dessus d'un certain poids, plus aucune sortie stricte. Et le profil des sortis n'a rien d'aléatoire : mostacos.fr, la sortie la plus visible (un site de recettes qui pesait environ 0,18 % du feed, réduit à quasi-zéro), affiche 19 sur 100 à notre score ; cafelaffitte.fr affiche 16 et pillz.fr 12, quand la moyenne du marché se situe à 51. Le débranchement vise le bas du panier qualité.
Dernier indice, et pas le moindre : il n'y a pas de vague d'entrées symétrique. Un retrait sans remplacement, c'est la signature d'un filtre, pas d'un rebattage. D'où la formule qui résume l'update : elle rétrograde à grande échelle, et débranche à petite échelle.
On entend souvent que des sites pénalisés par une update reviennent à la suivante. Juin a-t-il défait mai ? Pour le savoir, on a croisé, pour chaque site, son ratio de mai avec son ratio de juin. Un screening aveugle, sans choisir les exemples :

| Cohorte de mai | Ratio juin médian | Gagne / perd en juin |
|---|---|---|
| Perdants de mai | 1,06 | 37 % / 30 % |
| Stables de mai | 0,96 | 18 % / 25 % |
| Gagnants de mai | 0,86 | 13 % / 35 % |
Les perdants de mai remontent un peu : une médiane à 1,06, et ils gagnent un peu plus souvent qu'ils ne perdent. C'est une recovery réelle, mais partielle. Les gagnants de mai, eux, rendent une partie de leur avance : une médiane à 0,86, et ils perdent près de trois fois plus souvent qu'ils ne gagnent. C'est un double reversal net. Le centre stable, lui, ne bouge pas.
La lecture est neutre : une réversion vers la moyenne, à deux faces. Un site qui perd n'a pas forcément perdu pour toujours. Un site qui gagne peut le rendre au cycle suivant : un gain post-update est un prêt, pas un salaire, tant que le cycle suivant ne l'a pas confirmé.
Ce résultat est cohérent avec la nature des deux updates décrite en ouverture. La core update de mai a re-pondéré des signaux, en sur-corrigeant parfois dans les deux sens ; la spam update de juin, en repassant le filtre qualité, ramène une partie de ces sur-corrections vers leur niveau d'équilibre. Les deux mécanismes sont différents, et c'est leur enchaînement qui produit la réversion.
Un dernier zoom, sur le seul thème qui se détache nettement au niveau du feed : l'environnement. Sa part du feed article français monte d'environ 2,5 % début mai à environ 3,6 % après l'update, en hausse continue et sans creux au passage du rollout. Le contexte rend cette hausse plausible : épisodes caniculaires, actualité climat.

Le point remarquable est ailleurs : cette hausse ne profite pas aux médias verts spécialisés.
| Spécialistes | Part de voix | Généralistes | Part de voix |
|---|---|---|---|
| reporterre.net | -11 % | quechoisir.org | +74 % |
| geo.fr | -11 % | bbc.com | +73 % |
| reussir.fr | -38 % | auto.orange.fr | +68 % |
| vert.eco | -70 % | theconversation.com | +41 % |
| lareleveetlapeste.fr | -79 % |
C'est la thèse centrale de cette update rendue concrète sur un thème, et la conséquence mécanique décrite au zoom pagination, observée en conditions réelles : la demande pour un sujet monte, mais la visibilité correspondante est acheminée par les pipelines généralistes, la pagination en tête, vers les grandes marques qui traitent le sujet parmi d'autres. Pendant ce temps, les éditeurs de référence du sujet, plus petits et plus spécialisés, sont rétrogradés par le filtre. Le contenu monte, les spécialistes descendent.
La même update, mesurée sur le feed anglophone, offre un contrôle précieux : ce qui se répète d'un marché à l'autre est structurel, ce qui diverge est une caractéristique de marché.
Trois constats se répètent d'un marché à l'autre. La bascule vers la pagination, d'abord : de 18,7 % à 30,6 % du feed article anglais, avec un saut co-daté au 24 juin sur une rampe préexistante, exactement le pattern français. La signature taille ensuite : les géants anglais ne comptent aucun perdant, et la casse se concentre sur les petits sites. La réversion à deux faces enfin : les gagnants de mai rendent une partie de leur avance, les perdants remontent partiellement, comme en France.
Quatre différences ressortent en revanche. L'effet interrupteur est quasi absent en anglais : à peine au-dessus du churn naturel, là où le marché français montre une vague de sorties à trois ou quatre fois la normale ; le débranchement est une spécificité française de ce cycle. Le gradient qualité est plus resserré : le taux de perdants passe de 36 % à 15 % du bas au haut du score, contre 56 % à 11 % en France, signe d'un écosystème anglais plus homogène et plus mature, avec moins de bas de panier à trier. Le thème qui monte n'est pas le même : côté anglais, c'est l'actualité internationale, la géopolitique et la défense (de 8,5 % à 10,4 % du feed) ; côté français, l'environnement. La mécanique est identique, le contenu qu'elle achemine dépend du marché. Enfin, la pagination anglaise est plus élitiste : le club des sites qu'elle sert de façon proportionnelle s'arrête autour du top 100 anglais, contre le top 500 français.
1. Votre variation est-elle datée sur le rollout, ou le supposez-vous ? Une baisse qui commence le 24 juin et une baisse qui traînait depuis début juin ne racontent pas la même histoire ; on l'a vu, une partie des mouvements de juin s'est jouée en dehors de toute update annoncée.
2. C'est une seule pipeline, ou toutes ? Si tous vos canaux bougent ensemble, c'est le statut de votre site qui a été recalculé, pas la qualité d'un contenu.
3. Votre exposition : plutôt les pipelines qui montent, ou celles qui descendent ? Un tiers du feed passe désormais par la pagination, et votre exposition à cette pipeline pèse plus que vos derniers titres. Elle se construit par la profondeur de catalogue et la continuité éditoriale, pas par le coup d'éclat.
4. Votre score d'autorité et de qualité, où en est-il ? Mal noté, c'est cinq fois plus de risques de tomber au prochain cycle, et c'est le profil type des sites débranchés. Vitesse réelle, charge publicitaire, entité identifiable, profondeur : autant de leviers actionnables avant la prochaine update.
Si vous ne savez pas répondre aux questions 2, 3 et 4, c'est exactement la donnée qui manque à votre Search Console. Et c'est exactement ce qu'on mesure sur 1492.vision, pipeline par pipeline, site par site : de nouveaux indicateurs apparaîtront bientôt dans l'interface.
Les données proviennent des captures Discover de l'observatoire indépendant 1492, sur le périmètre article éditorial (hors vidéo, publicité et plateformes sociales), pour les sites dont la langue de publication est le français. Les fenêtres de comparaison courent du 8 au 23 juin (pré-update) et du 27 juin au 6 juillet (post-update), rollout exclu ; le croisement avec mai oppose le 8-20 mai au 3-15 juin, à l'écart des deux rollouts ; les sorties sèches sont contrôlées contre une fenêtre calme d'avril de même géométrie. La métrique est la part de voix, c'est-à-dire la part du feed sur chaque fenêtre, insensible à l'évolution de la flotte de mesure ; un site est gagnant si son ratio atteint 1,3, perdant sous 0,7. Le score composite est calculé sur 100, à partir de quatre axes (autorité, audience, profondeur Discover, qualité réelle), avant de connaître l'issue, sur 798 sites d'au moins 20 captures par jour pré-update.
Les limites de ces mesures méritent d'être énoncées sans détour. La hausse de la pagination avait commencé avant l'update : seul le saut du 24 juin lui est strictement attribuable. Le score est corrélationnel, mesuré sur une seule update, et il sous-évalue les niches très verticales ainsi que les sous-domaines adossés à une marque forte. Les fenêtres post s'arrêtent début juillet, et le prochain cycle peut encore réviser ces conclusions, dans les deux sens. Les cycles d'actualité, fin de saison sportive et canicule en tête, expliquent une partie des mouvements individuels ; ils sont signalés dans les tables là où le doute existe. Enfin, nos données sont des parts de capture (affichage), pas des volumes de trafic.
La règle d'or, inchangée : ne jamais conclure « mort » ou « sauvé » avant d'avoir vu le cycle suivant. Nous, on continue de mesurer, pipeline par pipeline, site par site.
La version vidéo de cette analyse est sur notre chaîne : Spam update juin 2026 : l'update qui a changé les tuyaux.
Publié le 2026-07-19